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L'événement Les Archi-Fictions de Montréal se propose d'explorer les passerelles possibles entre l'architecture et la fiction littéraire, au moyen d'un laboratoire appliqué de création qui fait travailler, sur un thème donné, des équipes constituées d'un architecte et d'un écrivain. Le résultat se présente au public sous la double forme d'une exposition et d'un spectacle de lecture.
Le 20 juin, les créateurs se rencontraient pour la première fois. Le 23 octobre 2005, une deuxième rencontre plénière a permis aux six équipes de présenter aux autres leur piste de travail et de comparer les approches. Le 30 novembre, chaque duo a dû livrer un croquis préliminaire et un texte d'intention, qui a démarré la phase production. À Noël, les six nouvelles parvenaient à l'ordinateur de la commissaire... émerveillée. La première manifestation publique des Archi-Fictions de Montréal : Six Villes invisibles inventées et racontées par... se fera, en février 2006, au local de MONOPOLI. L'exposition des six installations dans la salle de 100 m2 sera révélée au public lors d'une série de trois spectacles de lectures, au cours desquels seront lues les 6 nouvelles inédites écrites par les romanciers. L'imagination suivra donc le récit, en même temps que le corps et l'esprit seront sollicités par l'installation. L'EXPOSITION C'est une formidable conjonction de talents qui a été suscitée par cette idée de réunir les techniques et les ressources de deux disciplines aussi foisonnantes que sont l'écriture et l'architecture. Les créateurs sont à la fête et s'en sont donné à coeur joie! Ils ont voulu, pour l'occasion, tenter l'audace et l'innovation, et leurs expériences en installation comportent elles aussi leur part de risque. Pour Soucy-Soland ce sera une oeuvre vidéographique de 35 mn (avec l'aide de Matthieu Brouillard et du comédien Jean Dalmain); pour Arsenault-Lupien, une toupie industrielle à tour numérique a été créée de toutes pièces pour sculpter leur ville dans une souche; pour l'aquarium-ville de Chassay-Reeves, le célèbre physicien-artiste Nicolas Reeves expérimente un formidable dispositif lumière et matière, dont les réactions au monde extérieur seront commandées par signal radio... Rappelons que l'exposition Les Archi-Fictions de Montréal : Six villes invisibles inventées et racontées par présente six évocations, architecturales autant que romanesques, de milieux urbains imaginaires ou de «villes» dites invisibles, qui offrent chacune une conception différente de la cité, ou qui mettent en évidence l'une de ses dimensions cachée, immatérielle, immanente, à venir, à craindre ou... à fantasmer! Une ville en perpétuelle recomposition telle un jeu de mikado; une autre habitée uniquement de promeneurs qui dorment, rêvent, vivent et aiment tout en marchant. Une ville où le verbe domine, aux avenues formées comme des phrases; une autre où des frontières étanches séparent les quartiers comme les clans sociaux... Chacune des six oeuvres est réalisée par un architecte reconnu, au Québec et ailleurs, pour la qualité de son oeuvre construite, pour sa réflexion à propos de la ville, ainsi que pour ses oeuvres conceptuelles, réalisées dans le cadre d'expositions et autres événements publics (Québec à Paris, Québec à New York, Festival des jardins de Métis, expositions au Centre canadien d'architecture, exposition de groupe à MONOPOLI, etc.) Les installations définitives avaient pour unique contrainte de tenir dans un volume maximal de 4 pieds par 6 pieds par 10 pieds de haut et peser moins de 250 lbs. Une scénographie d'ensemble permettra au visiteur de s'installer dans la salle pour lire tout à son aise, ou pour écouter sur CD les six nouvelles inédites qui ont fait partie intégrante du processus et de l'oeuvre finale. Ainsi, naviguant d'une Ville à une autre et d'un univers au suivant, le visiteur sera-t-il à la fois :
FONDEMENTS THÉORIQUES UN ATELIER DE LA DÉLECTATION ou LIRE LA VILLE, CONSTRUIRE LE RÉCIT Les questions de «transdisciplinarité» et ses enjeux pour la recherche savante ont certainement produit, déjà, même entre ces soeurs assez lointaines que sont l'architecture et la littérature, leur lot de thèses, rencontres, publications et questionnements. Ainsi du colloque international annuel «Architecture et littérature contemporaines», qui a lieu à Paris depuis deux ans (sous la direction des professeurs Pierre Hyppolite de Limoges, et Simon Harel, de l'UQAM). Son site Internet, par exemple, se demande comment «Pour dire l'espace contemporain, les écrivains ont mis en cause les topoï architecturaux et l'esthétique de la représentation. Quels sont les enjeux structuraux, fictionnels, poétiques, symboliques de cette déconstruction et ré-appropriation par la littérature postmoderne ? » Et plus loin : «À l'inverse, dans quelle mesure la littérature contemporaine peut-elle être à l'origine d'un projet architectural et lui donner sens ? Ce n'est pas seulement la question de la genèse du projet et de sa réalisation qui est posée, c'est aussi celle de sa conception et de la mise en oeuvre de ses dispositifs propres. En quoi la démarche littéraire est-elle un projet herméneutique susceptible d'éclairer des perspectives architecturales ?» Les Archi-Fictions de Montréal choisissent de chercher des réponses au moyen de l'expérience directe. L'événement s'adresse au plaisir de la délectation et de la découverte pour arriver, par l'empirisme, à peut-être enrichir le débat. Le but est d'abord de proposer à des artistes de l'écriture et de l'architecture un travail exploratoire. Ils doivent apprendre à mettre au service de leurs imaginaires respectifs, et de leur projet commun, les ressources propres aux disciplines de l'un et de l'autre, et leurs différents outils d'expression, sur un pied d'égale importance. À eux de voir s'il y a ou non compatibilité et réciprocité. Comment lire la ville, comment dire l'espace? Les réponses viendront par la pratique, par les objets, et par les oeuvres, par le résultat de l'exploration. À eux de nous en faire le conte! À eux de toucher le public, aussi. Dès les débuts, en 2001, les quatre fondateurs de MONOPOLI se sont entendus sur l'urgence qu'il y a, dans le contexte québécois, à rapprocher les publics de tous âges, conditions et intérêts, de ceux qui bâtissent leur cadre de vie. Et aussi à brasser la cage des certitudes des architectes et à ouvrir leurs idées vers d'autres zones de la réalité. L'apport de la fiction et de ses séductions, appliquées à l'architecture, ne pourra que servir cet objectif et contribuer à faire connaître, par un public plus diversifié, des créations tant en architecture qu'en fiction. Si des écrivains tels que Borges ou Calvino ont écrit des pages immortelles à propos d'aspects particuliers touchant aux constructions de l'espace, il est moins connu que les architectes, qu'ils soient praticiens ou chercheurs, ont parfois recours à la fiction pour nourrir la compréhension de leur discipline. Par l'exploration littéraire, à travers le prisme de la narration, il est peut-être bien possible de mettre autrement en valeur les pouvoirs évocateurs de l'univers architectural. D'un bord comme de l'autre, en tout cas, il est clair que ces deux univers gagneraient à se fréquenter. Couple contre nature ou alliés naturels? L'architecte et l'écrivain bâtissent, l'un comme l'autre, châteaux en Espagne et plans sur la comète. Reste à faire qu'ils s'en aperçoivent et qu'ils sachent en tirer profit. Les Archi-Fictions de Montréal se donnent pour tâche de les présenter l'un à l'autre, et de voir ce qui en arrivera. Le principe des Archi-Fictions nous semble novateur et stimulant. Il fournit de nouvelles manières d'explorer de grandes questions classiques (en l'occurrence, ici, la ville) et fait éclater les limites de l'architecture praticienne, pour mettre le débat sur un autre plan. L'ÉQUIPE Sophie Gironnay, conceptrice et directrice artistique de l'événement, possède une double formation en littérature et histoire de l'art. Journaliste culturelle, créatrice signataire des chroniques hebdomadaires Formes (Le Devoir) et Figures (La Presse) sur l'architecture de 1994 à 2003, S. Gironnay a aussi tenu une chronique sur la littérature anglo-canadienne pendant quatre ans, au Devoir et à L'actualité. Commissaire invitée au Musée du Québec et à la Biennale de Montréal, elle a co-fondé MONOPOLI en 2001, dont elle assume les fonctions de directrice. Comité conseil : Laurent Baridon, historien de l'art et de l'architecture, Université Marc Bloch-Strasbourg II, chercheur boursier au Centre canadien d'architecture (2003), commissaire d'exposition (Homme-animal, histoires d'un face à face, 2004) prépare un livre sur les mythes de l'architecte, sujet de sa conférence au prestigieux Comité International de l'Histoire de l'Art (2004). Ses recherches subtilement impertinentes portent sur l'image de l'homme par lui-même et incluent des corpus inhabituels dans sa discipline (caricature, jouets et figurines... ) Jean-François Chassay, professeur titulaire au département d'études littéraires de l'UQAM, s'intéresse depuis 1986 à l'imaginaire de la ville en tant que chercheur, essayiste, anthologiste (Promenades littéraires dans Montréal, avec Monique LaRue). Connu comme critique et théoricien au Québec et à l'étranger (Prix d'excellence en recherche de l'Université du Québec 2002) et comme spécialiste des littératures québécoise et nord-américaine, M. Chassay a co-dirigé ou dirigé les revues Spirale et Voix et Images et fondé des groupes de réflexion qui s'interrogent sur les croisements entre les discours littéraires et scientifiques. Il est aussi romancier (L'angle mort; Les ponts; Obsèques). Alain Laforest, photographe d'architecture, a exposé ses recherches personnelles sur le paysage et la perception à Montréal, à Bruxelles, à Lyon et à Milan et a publié ses vues de bâtiments dans la plupart des revues spécialisées. Il est de l'équipe du Centre canadien d'architecture depuis 25 ans, et en est l'actuel responsable du multimédia, ainsi que directeur technique de l'auditorium, qui accueille concerts et colloques. Cofondateur et animateur de MONOPOLI, M. Laforest en assume les fonctions de directeur technique. Il est également lecteur boulimique. Stéphane Lépine, réalisateur et animateur d'émissions littéraires dont les mémorables Paysages littéraires à la chaîne culturelle de Radio-Canada (1987-2002), M. Lépine enseigne la littérature à l'Université de Montréal et à l'École supérieure de théâtre de l'Université du Québec à Montréal. Dramaturge auprès de la metteure en scène Brigitte Haentjens (notamment pour l'adaptation théâtrale de La Cloche de verre de Sylvia Plath, et pour Médée-Matériau de Heiner Müller), il est codirecteur artistique du Studio littéraire de la Place des arts depuis 2003. Philippe Lupien, designer urbain, membre associé de Schème consultants (TOHU la Cité des arts du Cirque, aménagement du Canal Lachine, des jardins du Cirque du Soleil, etc.) se passionne pour la mise en espace muséologique, depuis qu'il a dirigé la restauration du Centre d'histoire de Montréal. Membre du comité de rédaction de la revue ARQ et du groupe de recherche Docomomo sur le patrimoine moderne, M. Lupien fut lauréat du Prix de Rome en architecture du Canada, en 1994. Il anime Visite Libre, sur ARTV et TV5, qui initie le grand public à l'architecture domiciliaire. |
Created and produced by MONOPOLI, under the supervision of the curator Sophie Gironnay, The Archi-Fictions will be on show from the 22d of February to 10th of June.
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