Est-ce qu’on peut créer un quartier au cœur d’une ville?
Is it possible to create a neighbourhood in the heart of a city?

Du 21 juin au 16 septembre 2006, la commissaire Nancy Dunton nous entraîne dans une lecture intelligente et imagée de ce nouveau territoire de 27 hectares, nous aidant à la fois à comprendre ce qui s'y trouvait auparavant, et comment l'architecture, le design urbain, paysager et les infrastructures sont venus recouvrir et remodeler cette portion de la ville.

Mais cette intervention massive, fait-elle pour autant du QIM un vrai quartier ?

Pour soutenir le débat sont à découvrir : photos et plans historiques jamais vus, photos inédites contemporaines d'Alain Laforest, plans et dessins des architectes Daoust, Lestage/ Provencher, Roy + Associés, le tout mis en scène par Robert Anderson et en graphisme par David Morin, sans oublier le documentaire inédit de Pierre-Mathieu Fortin qui fait parler les usagers.

DISCUSSION BILINGUE EN GALERIE :
Est-ce qu'on peut créer un quartier au cœur d'une ville?
Mercredi le 21 juin à 19h, entrée libre, réservation obligatoire. Entre Clément Demers, Directeur général du Quartier international de Montréal et Nancy Dunton, commissaire de l'exposition. Entrée libre.

VISITES GUIDÉES DU QIM :
Explorer le quartier
Les samedis du 24 juin au 29 juillet. Point de départ, à MONOPOLI, 14 h. Contribution volontaire suggérée 5 $. Deux groupes, un anglophone, un francophone ; guides bénévoles spécialisés.
Depuis MONOPOLI au sein même du QIM, l'occasion unique de découvrir les lieux dont il est question dans l'exposition par l'exploration et la réflexion directement à l'extérieur!

Entre le 19 août et le 16 septembre, il y aura aussi possibilité d'organiser des visites de groupe sur réservation à : (514) 846-8904.

 

ARGUMENT DE L’EXPOSITION

Inauguré en 2004, Le Quartier international de Montréal (QIM) est un espace urbain remarquable par la cohérence de son design et par son concept d’aménagement unique. La première particularité du QIM repose sur son processus de création. Les architectes et urbanistes Daoust Lestage, en consortium avec les architectes Provencher Roy + associés, se sont entourés d’une équipe d’ingénieurs, paysagistes et designers de renoms, pour réussir à mener jusqu’au bout une vision d’ensemble, en la travaillant simultanément à toutes les échelles : de l’urbain à l’objet. L’autre particularité tient à son mode de financement (qui repose sur un partenariat public privé regroupant les gouvernements, la Ville de Montréal, la Caisse de dépôt et placement du Québec et l’Association des riverains du Quartier international de Montréal). Si l’on en juge par le nombre de touristes qui arpentent le secteur ou par la récolte de prix qu’il a remportés, le QIM est une réussite incontestée. Mais ce quartier à l’apparence si parfaite est-il la solution miracle?

Un quartier : lieu de projection des émotions humaines

Dans une entrevue au magazine The New Yorker en 2004, Jane Jacobs décrivait ainsi New York : « Les gens qui déambulent sur la Troisième Avenue en quête de l’âme sœur font de cette artère un lieu d’espoirs et d’attentes, et cela n’a rien à voir avec l’architecture. Ces émotions qui nous attirent vers les villes ne peuvent se manifester que dans un cadre plus ou moins chaotique. Même le lieu le plus parfaitement aménagé ne pourra produire un effet comparable. Ce genre d’endroit qui répond à tous les besoins est la pire chose que l’on puisse créer. »

Peut-on véritablement délimiter un territoire à l’intérieur d’une ville et le déclarer zone internationale? Les villes ne devraient-elles pas chercher à renforcer l’identité de leurs quartiers ou leur donner de nouvelles identités?

L’aménagement du Quartier international de Montréal a eu une incidence à de multiples niveaux, tant physiques que psychologiques. Il a permis de colmater la grande brèche laissée dans le tissu urbain par la construction en 1974 de l’autoroute Ville-Marie, mi-souterraine, mi-tranchée; il a donné lieu à la création de nouveaux espaces publics dont la place Jean-Paul-Riopelle et à la revitalisation du square Victoria; son mobilier urbain et ses larges trottoirs lui confèrent une image qui le distingue du Vieux-Montréal, au sud, et du centre-ville, au nord. Toutefois, comment les limites du quartier s’inscrivent-elles dans une quelconque définition historique? Cette intervention est-elle viable à long terme – test véritable d’une bonne architecture? Risque-t-elle de devenir une philosophie de conception à laquelle seuls souscriront les membres fondateurs? Cet étonnant partenariat entre les secteurs public et privé qui a donné lieu à la création du quartier est-il un modèle apte à assurer la pérennité du QIM?

Voilà certaines des questions que l’exposition pose, en incitant le visiteur à y répondre à sa manière... 

Nota Bene :

Cette exposition bénéficie d’une bourse du Conseil des arts du Canada et d’une aide à la promotion de la Ville de Montréal. Merci aussi à MP Photo, à la SPCM (Palais des congrès) et au Conseil des arts de Montréal, partenaires de MONOPOLI.
 

The EXHBITON’S argument:

Inaugurated in 2004, the Quartier international de Montréal (QIM) is an outstanding urban ensemble remarkable for the coherence of its design and the uniqueness of its concept and  creative process. The architects and urbanists Daoust Lestage, in consortium with architects Provencher Roy + associates, surrounded themselves with a team of engineers, landscape designers and industrial designers to carry out a clearly defined vision of the project, working on it on every scale: from the urban to the object. Equally important to the creation of the QIM is the unique private public partnership that financed it, bringing together the different levels of government, the City of Montreal, the Caisse de dépôt et placement du Québec and the Landlords Association of the Quartier international de Montréal. Whether you judge it by the number of tourists sauntering through it or the whole gamut of awards it has won, QIM is an evident success. But is this quartier, with its so perfect appearance, the magic answer?

In a 2004 interview for The New Yorker magazine, Jane Jacobs speaks about New York: “People looking for a date on Third Avenue make it into a place of hope and expectation, and this has nothing to do with architecture. Those are the emotions that draw us to cities and they depend on things being a bit messy. The most perfectly designed place can’t compete. Everything is provided, which is the worst thing we can provide.”

Can you effectively stake out a territory within a city and declare it an international zone? Should cities seek to reinforce identities of neighbourhoods or to create new identities?

The Quartier international de Montréal has been designed at multiple levels, physically and psychologically. It has repaired the great rupture in the urban fabric created by the 1974 construction of the trench cum tunnel that is the Ville Marie expressway; it has created new public spaces in Place Riopelle and rejuvenated Square Victoria; its street furniture and generous sidewalks speak a language that differentiates the QIM from Old Montreal to the south and the downtown core to the north. But how do the borders of the quartier relate to any historic definition? Is this intervention viable for the long term – surely the acid test of good architecture? Does it run the risk of creating a design philosophy to which only the original members subscribe?Is the intriguing public-private relationship that created the quartier a model that can manage the ongoing life of QIM?

Here are some of the questions the exhibition asks, pushing the visitor to find his own answers...

Nota Bene:
We would like to thank all our partners for their support on this exhibition:
the Canada Council for the Arts, the Ville de Montréal, MP Photo, the Palais des Congrès.


Pour vous préparer à votre visite,  MONOPOLI et Nancy Dunton sont heureux de vous offrir le texte du  panneau introductif.

 

To help you prepare your visit or for those who plan to be in a rush… MONOPOLI and Nancy Dunton are happy to offer, as a scoop, the text of the first pannel.
(English version follows French).

Panneau intro

QIM un quartier sur mesure

Est-il possible de créer un nouveau quartier au cœur d’une ville? Les architectes et gestionnaires de projet du Quartier international de Montréal semblent avoir relevé le défi haut la main. Si l’on en juge par le nombre de touristes qui arpentent le secteur ou par la récolte de prix qu’il a remportés, le QIM est une réussite incontestée. Mais ce quartier imposé artificiellement est-il la solution miracle?

Les quartiers commerciaux se développent parce qu’ils s’articulent autour d’un noyau – une activité industrielle comme la fourrure ou l’édition qui attire des entreprises connexes. Peut-on véritablement délimiter un territoire à l’intérieur d’une ville et le déclarer zone internationale? Les villes devraient-elles chercher à renforcer l’identité de leurs quartiers ou leur donner de nouvelles identités?

L’aménagement du Quartier international de Montréal a eu une incidence à de multiples niveaux, tant physiques que psychologiques. Il a permis de colmater la grande brèche laissée dans le tissu urbain par la construction en 1974 de l’autoroute Ville Marie, mi-souterraine, mi-tranchée; il a donné lieu à la création de nouveaux espaces publics dans la place Jean-Paul-Riopelle et à la revitalisation du square Victoria; son mobilier urbain et ses larges trottoirs lui confèrent une image qui le distingue du Vieux-Montréal, au sud, et du centre-ville, au nord.

Toutefois, comment les limites du quartier s’inscrivent-elles dans une quelconque définition historique? Pour répondre à cette question, l’exposition doit reculer dans le passé pour examiner ce qui se trouvait là auparavant et retrouver les traces de la morphologie urbaine. 

L’idée de former un regroupement d’organisations internationales en vue de créer un nouveau quartier remonte aussi loin que le rapport Picard en 1985 et la Cité internationale, ce concours aujourd’hui oublié qu’avait organisé la Ville de Montréal en collaboration avec des promoteurs immobiliers montréalais en 1990. Or, il est fondamental d’analyser ce passé récent pour comprendre le rôle joué par les divers acteurs engagés dans ce projet et comment ses paramètres ont été établis.

Dans quelle mesure les intentions et les philosophies de conception du Centre CDP Capital et du Palais des congrès s’alignent-elles sur celles du quartier? La portée publique de l’atrium du Parquet dans l’édifice CDP – qui relie les espaces urbains du square Victoria et de la place Jean-Paul-Riopelle – est indéniable. Néanmoins, on se retrouve ici devant l’éternel dilemme de la poule et de l’œuf. Qu’est ce qui est venu en premier? Les considérations des programmes du bâtiment lui-même ou les besoins urbains ou publics?

Cette intervention est-elle viable à long terme – test véritable d’une bonne architecture? Risque-t-elle de devenir une philosophie de conception à laquelle seuls souscriront les membres fondateurs? Cet étonnant partenariat entre les secteurs public et privé qui a donné lieu à la création du quartier est-il un modèle apte à assurer la pérennité du QIM? Le maintien de la qualité du design des nouveaux projets actuellement proposés ou en chantier dépend-il entièrement de la bonne volonté de leurs promoteurs à se conformer? Voilà les questions que cette exposition devrait inciter le spectateur à se poser.

Nancy Dunton

Intro panel

QIM : a neighbourhood by design

Can you create a new neighbourhood within a city? The architects and project managers of Quartier international de Montréal appear to have succeeded at doing exactly that. Whether you judge it by the number of tourists sauntering through it or the whole gamut of awards it has won, QIM is an evident success. But is the artificially-contrived neighbourhood the answer?

Commercial neighbourhoods grow either because there is a something at the core – an industry like the fur industry or publishing which attracts like businesses. Can you effectively stake out a territory within a city and declare it an international zone? Should cities seek to reinforce identities of neighbourhoods or to create new identities?

The Quartier international de Montréal has been designed at multiple levels, physically and psychologically. It has repaired the great rupture in the urban fabric created by the 1974 construction of the trench cum tunnel that is the Ville Marie expressway; it has created new public spaces in Place Riopelle and rejuvenated Square Victoria; its street furniture and generous sidewalks speak a language that differentiates the QIM from Old Montreal to the south and the downtown core to the north.

But how do the borders of the area relate to any historic definition? To answer the question, this exhibition needs to peel back the layers to look at what was there before and to see traces of the urban morphology. 

The origins of the idea of a group of international organizations clustered together to create a new quartier reach as far back as the Picard report of 1986 and the now-forgotten Cité international competition mounted by the City of Montreal in collaboration with Montreal developers in 1990. This recent history is critical to understanding why the players in the game are who they are and how the limits were determined.

How do the design intentions and philosophies of the Centre CDP Capital and the Palais des congrès relate to those of the quartier? The public gesture of the Parquet atrium space in the CDP building – the bridge between the civic spaces of Square Victoria and Place Riopelle - is undeniable. The chicken-and-egg question is which came first – considerations of the individual building’s programs or the public/civic needs.

Is this intervention viable for the long term – surely the acid test of good architecture? Does it run the risk of creating a design philosophy to which only the original members subscribe? Is the intriguing public-private relationship that created the quartier a model that can manage the ongoing life of QIM? Will maintaining the quality of design of new projects currently proposed or under construction depend entirely on voluntary compliance by their developers? These are questions that the exhibition asks the visitor to consider.

Nancy Dunton


Design : Robert Anderson
Graphisme / graphic design : David Morin
François Dufaux
Installation : Patrick Mailloux
Guy Benson
Éclairage / lighting : Alain Laforest
Recherche / research : Christine Boucher
Images : Alain Laforest
Cartographie / maps : Richard Bachand
Traduction / translation : Christine Gendreau
Révision / revision : Myriam Afriat
Communications : Emmanuelle Vieria
Vidéo / video : Pierre-Mathieu Fortin
   
Avec le soutien de / with the support of :
Avec un remerciement spécial à / special thanks to :
Clément Demers, Quartier international de Montréal
Renée Daoust, Daoust Lestage
Sophie Gironnay, Claudine Déom, Anne Gauthier
Héritage Montréal
Crédits :
Photos, sauf les exceptions notées / except where noted : Alain Laforest